L’album de la semaine #22

« La bonne musique ne se trompe pas, et va droit au fond de l’âme chercher le chagrin qui nous dévore » – Stendhal

Nouvelle semaine, nouvel album, nouvel article. Personnage iconique, univers onirique et musique unique, Gus Dapperton sort son premier album: « Where Polly People Go To Read » . Ancré dans un monde nostalgique, voire rétro-futuriste, Brendan Rice (de son nom) est une des têtes d’affiches à l’origine du renouveau de la Synth-Pop/Dream-Pop, et cet album en est loin d’être exempt. On rembobine ses K7, on enfile ses Reebok et on s’installe confortablement en Citroën BX, on est parti dans un agréable voyage musical.

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Sorti le 19 avril 2019, « Where Polly People Go To Read » est ainsi le premier album studio de Gus Dapperton. Toujours aussi axé sur des sonorités rétro avec une omniprésence du synthétiseur que lors des différents EPs précédents, cet album se résume comme une synthèse assumée du début de carrière du nouveau David Bowie américain. Très personnel, cet album puise son inspiration dans la vie de Gus Dapperton, un côté authentique qui permet à cet opus de tirer son épingle du jeu et d’être reconnu par la critique comme un album complet qui jongle entre originalité et authenticité. Un album marquant qui confirme tout le talent de notre protagoniste et ne laisse envisager que des bonnes choses dans la poursuite de sa carrière.


Le + de l’album

  • Eyes For Ellis: A l’image de cet album, « Eyes For Ellis » est un titre énigmatique et poétique qui tire toute sa puissance d’un aspect nostalgique étourdissant. Un son étonnamment énergique et dansant qui au fur et à mesure de la chanson laisse place tout en transition à un son plus lent et conséquent qui donne un effet de puissance. Outre cette transition sonore, la chanson se distingue particulièrement de l’album par la beauté et la richesse de ses paroles. Gus Dapperton est un lyriciste incroyable, doté d’un vocabulaire riche et sa plume ressort spécifiquement dans ce titre.

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  • Coax & Botany: Léger et aérien sur plusieurs plans, Coax & Botany est une douceur auditive plutôt romantique et très rêveuse. Inspiré par sa petite amie Jess Farran (comme beaucoup de titres sur cet album), cette chanson parle de leurs premiers rendez-vous et les connaissances poussées de Jess concernant la botanique. Musicalement, le synthétiseur est la clé de cette chanson. On le retrouve tout d’abord par pulsations avec cet effet trémolo, puis à l’unisson avec le chant. La guitare quant à elle, est plus en accord avec la batterie et la basse laissant apparaître une dualité dans la chanson avec d’une part « Coax » puis « Botany », Gus puis Jess.

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mentions: Fill Me Up Anthem, Verdigris, World Class Cinema, My favorite fish, Nomadicon (…)


Le – de l’album

Compliqué, voire quasiment impossible de trouver un « moins » de façon objective à cet album. Quand un album composé, écrit, produit, enregistré et mixé par l’artiste lui même, qui plus est quand cet artiste est une icône générationnelle qui emporte dans son sillage tout un mouvement culturel « Retrowave » , les défauts que l’on peut trouver dans cet album sont d’une plus grande envergure que ceux d’un « simple album ».

En terme de comparaison avec ses premiers EPs, l’album forme un tout plus cohérent avec une idée de construction générale basé autours des émotions, des amours et des sentiments, ce qui le rend plus « poli » et « carré » au détriment d’une certaine nonchalance/fougue musicale présente au début. Est-ce réellement un point négatif ?


Du coup ?

Et bien du coup, c’est dans un premier temps un album intime, dans lequel Gus Dapperton exprime ses sentiments et ses émotions concernant l’influence de sa petite amie notamment dans son quotidien. Mais c’est également un album grandiose qui au delà de la musique, a le potentiel d’être une référence culturelle et une icône d’un mouvement rétro-futuriste générationnel dans lequel de nombreuses personnes s’identifient quant à cette émotion commune de nostalgie exacerbée. Bien que ce soit son premier album, l’artiste a déjà une ampleur telle depuis des années, que cet opus donne une illusion de changement, de quête de renouveau.

L’évolution de la carrière de Gus Dapperton à jusqu’ici été d’une rapidité fulgurante, et le gamin androgyne à la coupe au bol et aux goûts vestimentaires discutables, est en passe de devoir assumer un tout autre statut. La suite ne laisse présager que du bon tant qu’elle rimera avec la qualité artistique du voyage que nous a proposé Gus Dapperton dans cet album « Where Polly People Go To Read ».

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– KD.


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